Comment discuter des autres thèmes soulevés par les jeunes ?

Le programme PASSAJ est conçu de façon à ce que la réflexion de 75 minutes sur le contrôle du partenaire précède celle sur la violence sexuelle. De cette façon, les justifications classiques à la violence sexuelle (elle a provoqué, j’étais excité, c’est comme cela dans ma famille ou dans ma culture, j’étais saoul, etc.), sont déjà plus faciles à relever. Aussi, la réflexion sur le harcèlement sexuel présentée en troisième rencontre, contribue à consolider certaines nuances entre désir, proposition malhabile, pression sociale, prise de pouvoir, etc.

Des thématiques ne sont pas abordées ou à peine esquissées comme la commercialisation des codes de séduction issus de la pornographie ou la tenue vestimentaire sexuée. La réflexion sur ces thèmes est pertinente. L’hypersexualisation des rapports interpersonnels des jeunes en est un exemple. Les jeunes, d’une génération à une autre, se démarquent de la précédente. Encore une fois, les adultes s’insurgent ou s’inquiètent de la jeunesse. Que l’on se rappelle les hippies, les mini-jupes, la mode sans soutien-gorge, la liberté sexuelle… L’hypersexualisation amène une confrontation des valeurs intergénérationnelles. Ce phénomène social réunit la révolte face aux normes, la commercialisation et la consommation sexuelle. Il devrait être un appel à la discussion entre adultes, entre jeunes et entre adultes et jeunes plutôt qu’une justification à renoncer à l’éducation ou bien une justification au non-respect de l’autre ou même une excuse à l’agression.

Voici quelques pistes de réflexion et de discussion :

  • Le plaisir de découvrir l’autre sexuellement n’oblige pas à aller jusqu’au bout ;
  • la communication peut permettre d’éviter les déceptions ;
  • le style que l’on adopte peut facilement être interprété comme un message d’une disponibilité sexuelle que l’on transmet ;
  • le respect de soi et des autres réside dans la compréhension et l’acceptation des limites ;
  • discerner ses propres désirs en termes de relation de ceux imposés par la norme sociale ou pornographique.

Le terme populaire «agace» et ses connotations péjoratives existaient bien avant les décolletés plongeants et les pantalons à taille basse. Il sert à justifier des abus, soit des pressions ou des agressions. Si les garçons sentent qu’ils doivent absolument aller jusqu’au bout pour ne pas être frustrés sexuellement, expliquons leur pourquoi les filles sont si souvent déçues sexuellement. Pour éviter de prendre trop de temps sur des thématiques associées, nous proposons de les inscrire au tableau et d’inciter les élèves à discuter avec l’enseignant ou l’enseignante de quelle façon ces sujets pourraient être abordés ultérieurement (une activité de recherche sur les valeurs transmises par la mode, un forum de discussion, un club critique de lecture, etc). 

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