Capsule 7 Attitudes- Capsule ViRAJ 20 ans.

June 12, 2014

Changer les attitudes des jeunes face à la violence et aux relations égalitaires dans leur relation amoureuse: un réel défi pour les programmes de prévention!

Plusieurs raisons incitent à laisser une large place à la discussion concernant nos attitudes :

  • Nos attitudes influencent nos comportements,
  • Des attitudes d’acceptation de la violence sont retrouvées chez les jeunes exerçant de la violence au sein de leurs relations amoureuses (Basile et al., 2013 ; Sears & Byers, 2007) et aussi chez des victimes (Vézina & Hébert, 2007),
  • Plusieurs jeunes, même parmi ceux qui ne sont pas violents, ont une vision de tolérance de la violence qui les amène à ne rien faire pour changer la situation (Institute of Prevention, 2007),
  • Des attentes trop élevées, voire même stéréotypées, sur la sexualité peuvent mener à accepter des comportements ne nous convenant pas et même de la violence sexuelle.

Les programmes doivent favoriser l’émergence d’attitudes positives et encourager de nouvelles normes de comportement. Par exemple :

  • Dans une relation de couple égalitaire, les partenaires ont les mêmes droits et disposent de la même liberté d’agir et de penser.
  • L’importance d’aider les victimes ET les agresseurs dans notre entourage,
  • C’est la responsabilité de chacun de s’impliquer socialement pour que cessent la violence et les conditions l’encourageant,
  • Le rappel, qu’en fait,  la majorité des jeunes ont des relations saines et égalitaires et qu’ils sont contre la violence.

Voici des attitudes à modifier :

  • L’espérance ou l’attente qu’il ou qu’elle va changer…
  • Le fait d’accepter la violence comme mode normal de résolution des conflits,
  • Blâmer la victime et ne pas attribuer de responsabilité à l’agresseur,
  • Attribuer le geste violent à la consommation d’alcool ou de drogue,
  • Avoir une vision stéréotypée des hommes et des femmes (hommes actifs et devant contrôler, femmes compréhensives et appréciant la soumission) menant à limiter leurs choix de vie et activités,
  • Voir le pouvoir comme étant essentiellement un contrôle sur les autres,
  • Se sentir obligé/e d’être en couple ou d’avoir des relations sexuelles,
  • Éviter de dénoncer la violence par respect de la vie privée.

Ainsi, on pourra remettre en question des idées comme celles-ci : « Vaut mieux avoir un chum violent que pas de chum du tout » ou « Un bon chum est celui qui prend charge de tout dans la relation et une bonne blonde est celle qui n’exprime pas toutes ses idées devant son chum» ou « Au moins, il ne me frappe pas »  ou encore « L’agression sexuelle d’une fille envers un gars n’existe pas vraiment, car les gars désirent toujours avoir une relation sexuelle ».

Est-ce possible de modifier ces attitudes dans des programmes ?  Plusieurs études ont montré que des programmes de prévention dans les écoles fondés sur le changement d’attitudes, tels que ViRAJ, contribuent à diminuer la violence ou les attitudes d’acceptation de celle-ci (Foshee et al., 1998 ; Lavoie, Boivin, Trotta & Perron, 2011).

Présenter des scénarios de relations amoureuses saines et sans violence permet de créer de nouvelles normes et de donner un modèle du comportement à adopter. Ce type d’approche facilite l’écoute du message par les garçons, qui peuvent se sentir blâmés ou jugés  lorsqu’il est question de violence dans les relations amoureuses (Prevention Institute, 2007). Le programme ViRAJ a comme caractéristique de présenter des alternatives positives à différents scénarios de relations amoureuses où l’on  retrouve de la violence psychologique et sexuelle.

Voici une affiche qui pourrait vous être utile.

Francine Lavoie et Catherine Ruel, Université Laval

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