Capsule « Vox Pop » parole aux jeunes : Ce que les jeunes aimeraient dire à leurs parents ! – Capsule 9 ViRAJ 2015

September 15, 2015

Des adolescents et adolescentes parlent des réactions utiles et nuisibles que leurs parents pourraient avoir par rapport à leurs relations amoureuses et à leur sexualité. Voici quelques réponses :

Parler de  sexualité…

Les jeunes à qui nous avons parlé se montraient ouverts à discuter de sexualité avec leurs parents. Selon eux, les éléments les plus importants pour favoriser ces échanges sont que leurs parents soient à l’aise d’aborder le sujet, qu’ils leur donnent de bonnes informations et ressources si nécessaire. Les jeunes préfèrent aussi que leurs parents parlent de la sexualité de manière plus générale, c’est-à-dire en évitant de les viser directement. Ils ne veulent pas que leurs parents posent trop de questions sur leur situation personnelle, qu’ils tiennent un discours trop moralisateur. Enfin, ils ne veulent surtout pas qu’ils en parlent quand leur partenaire ou leurs amis sont là !

Ne pas avoir encore un chum ou une blonde…

S’ils étaient dans cette situation, les jeunes interrogés préfèreraient que leurs parents normalisent la situation et leur laissent de l’espace et du temps.

« Je voudrais qu’ils ne m’en parlent pas trop et surtout qu’ils ne me fassent pas me sentir différente à cause de cela ».

 Les phrases toutes faites du genre « il va finir par arriver » sont à éviter selon ces jeunes. Ils ne veulent surtout pas ressentir une pression de la part de leurs parents pour avoir un copain ou une copine.

Vivre du stress par rapport à un texto envoyé

Les jeunes se disaient très mal à l’aise d’en parler à leurs parents, encore une fois, ce ne serait pas leur premier réflexe de se confier à eux. S’ils le faisaient, ils aimeraient voir leurs parents compréhensifs et rassurants face à cela. Ils apprécieraient également qu’ils leur donnent des ressources d’aide où ils seraient plus à l’aise de parler en détail de ce qu’ils vivent ou de ce qu’ils ont envoyé.

Les jeunes craignent surtout que leurs parents réagissent fortement, « qu’ils capotent, paniquent, pognent les nerfs, en parlent ou ne comprennent pas ». Les discours moralisateurs ne sont pas perçus par ces jeunes comme étant utiles. De plus, les jeunes apprécient beaucoup que leurs parents ne fouillent pas dans leur cellulaire et respectent leur intimité.

Par rapport à une rupture amoureuse

Les jeunes interrogés désirent avoir le soutien, le réconfort et l’écoute de leurs parents, tout en souhaitant que ces derniers leur laissent du temps pour eux. Ils craignent que leurs parents posent trop de questions, qu’ils portent des jugements, qu’ils considèrent ce qu’ils vivent comme banal ou encore qu’ils les poussent à vouloir oublier trop vite leur ancien amoureux/amoureuse.

« J’aimerais que mes parents soient compréhensifs et ne m’énervent pas avec ça. Je n’aimerais pas […] qu’ils me demandent 50 fois par jour si je vais bien ».

Par rapport à la violence dans les relations amoureuses…

Lors de la discussion, plusieurs jeunes disent qu’ils n’auraient pas le réflexe de partager leur vécu de violence, en tant que victime ou agresseur, avec leurs parents de peur qu’ils aient une réaction intense, qu’ils fassent des démarches vers des professionnels sans les consulter et qu’ils soient trop contrôlants par la suite. Par exemple, un adolescent craignait

« qu’ils soient fâchés, qu’ils capotent, qu’ils s’en mêlent trop ou qu’ils veuillent tout faire à ma place ».

Cependant, les jeunes aimeraient que leurs parents les aident à comprendre qu’ils ne sont pas réellement heureux avec cette personne et qu’ils leur offrent leur soutien, tout en leur laissant un peu d’espace. Certains jeunes ont aussi mentionné qu’ils aimeraient que leurs parents les guident vers des sources spécialisées :

« [J’aimerais] qu’ils m’ouvrent les yeux, me défendent, m’écoutent et m’offrent de l’aide si je leur en demande ».

Malgré leur ambivalence par rapport au fait d’en parler à leurs parents et leur désir de garder un certain « contrôle » sur la situation,  il ressort qu’il est très important pour ces jeunes que leurs parents les protègent, les soutiennent et assurent leur sécurité sans toutefois être trop envahissants.

Si les jeunes vivaient de la violence dans leur couple en tant qu’agresseur, il serait particulièrement difficile pour eux d’en parler à leurs parents, mais ils trouveraient d’autant plus pertinent que ces derniers les aident à se questionner et à leur faire réaliser la gravité de la situation.

« [J’aimerais] qu’ils me disent que la relation n’est pas véritable, que je ne la traite pas comme il le faudrait ».

Et du côté des parents…

Il est normal que les parents s’inquiètent de leurs enfants, les amenant parfois à avoir des réactions de surprotection. Dans un tel cas, afin de ne pas affecter le lien avec leurs enfants, il peut être bénéfique aux parents d’en parler avec des amis ou des proches, pour ainsi  « ventiler » sans que leur enfant n’en soit témoin.

En conclusion…

Les jeunes aimeraient que leurs parents soient plus à l’aise de parler de sexualité en général. Les discours trop moralisateurs ou la surprotection sont les comportements qu’ils apprécient le moins de la part de leurs parents.

Les jeunes interrogés cherchent avant tout à ce que leurs parents soient ouverts et compréhensifs envers ce qu’ils vivent :

« Je trouve que parfois les adultes oublient comment ils étaient à l’adolescence. J’aimerais que les parents d’adolescents se mettent davantage dans la peau de leurs enfants.»

*Cette capsule n’a aucune prétention scientifique. Un petit nombre de jeunes ont été interrogés, il faut ainsi faire preuve de prudence dans la généralisation des conclusions qui peuvent en être tirées.

Pour plus d’informations :

Catherine Ruel, étudiante au doctorat en psychologie clinique, Université Laval
Francine Lavoie, Ph.D., Université Laval
www.viraj.ulaval.ca

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