Le stress de la «performance» sexuelle: phénomène bien présent chez les jeunes!- Capsule 9-ViRAJ 20 ans

August 12, 2014

Les jeunes ne sont pas tous semblables en ce qui concerne leurs intérêts ou réactions face à la sexualité. Or les journaux parlent très souvent d’exemples extrêmes. Qu’en est-il? Comment se perçoivent-ils comme être sexuel ?

Il existerait 5 styles sexuels chez les 14-17 ans. Une classification faite en Australie a été proposée. Qu’en pensez-vous?

  1. Le sexuellement naïf (25%) a une faible estime de soi au plan sexuel : il juge sa sexualité négativement, se voit comme  peu attirant et ayant un corps pas assez mature. Il se sent peu efficace, ayant des difficultés à affirmer ses désirs ou à faire face à la contraception. Toutefois, il est très capable de refuser d’avoir des rapports sexuels non désirés. Il éprouve peu de désir et est très peu disponible à expérimenter. Il vit de l’anxiété.
  2. Le sexuellement pas assuré (17%) a, comme les sexuellement naïfs, une  faible estime de soi au plan sexuel et se perçoit négativement par rapport à son apparence physique. Il se juge peu efficace à tous les plans y compris pour refuser un contact non désiré. Il se distingue par un intérêt modéré face à la sexualité, il veut explorer et éprouve du désir. Il vit de l’anxiété au plan sexuel.
  3. Le sexuellement compétent (28%) a une assez haute estime sexuelle, est confiant par rapport à son sex appeal et son corps. Il est confortable avec ses comportements sexuels. Il se voit comme bien efficace à exprimer ses désirs et refus, ainsi qu’à utiliser la contraception. Il est conscient de ses désirs, mais ils sont modérés, ainsi que son anxiété. Il affiche un intérêt pour la relation plus que pour la sexualité.
  4. Le sexuellement aventureux (15%) a une haute estime sexuelle. La perception de son image corporelle est fortement positive. Il a une confiance sexuelle dans tous les domaines. Il a peu d’anxiété face à la sexualité, un fort désir et un très grand intérêt à explorer. Il désire peu s’engager dans une relation.
  5. Le cinquième style est conduit par ses pulsions sexuelles (8%). Il a la plus haute estime de soi sexuelle, se jugeant attirant et confiant envers ses capacités. Il se voit modérément efficace au plan de la contraception et de l’expression de son désir, mais il semble ne pouvoir dire non à un contact sexuel. Il a de l’intérêt à explorer et présente le moins d’anxiété face à la sexualité. Il est par contre le moins orienté vers la création d’une relation. (Buzwell & Rosenthal, 1996)

Note: 7% des jeunes n’ont pas pu être classés dans un des cinq styles.

Le genre estaussi source de diversité. Voyons ce qu'il en est lors de la première relation sexuelle.
Malgré ce que l’on peut penser, il y a encore des différences notables de satisfaction selon le genre alors que l’anxiété est bien présente, autant chez les garçons que chez les filles. De jeunes Américains de 18 à 25 ans ont parlé de leur première expérience qui s’est déroulée en moyenne à l’âge de 16 ans (Higgins et al., 2010). Les filles ressentent peu de satisfaction physique (25%) et un peu plus de satisfaction émotive (39%). Vivre cette première relation au sein d’une relation de couple augmente la satisfaction émotive de celles-ci. Les filles rapportent plus de culpabilité. Les garçons sont nettement plus satisfaits tant au plan du plaisir physique (les 2/3) que de la satisfaction émotive (1/2).

Conclusion. On peut donc retenir que de nombreux  adolescents vivent de l’anxiété dans le domaine sexuel, et ce, d’autant plus qu’ils ont accès plus que jamais à une plus grande diversité de modèles de sexualité, véhiculés par la pornographie. Ces questionnements sont normaux et il importe de rassurer les jeunes quant aux attentes élevées qu’ils ont face à la sexualité et particulièrement à la première relation sexuelle. Plusieurs élèves rejoints par un programme de prévention/promotion peuvent se juger très négativement, se considérant entre autres pas assez impliqués ou satisfaits sexuellement. Le fait de pouvoir aborder la sexualité avec des pairs dans un cadre dirigé facilite la discussion et la mise en perspective de leur vécu. Un programme comme ViRAJ offre une excellente occasion pour les 14-16 ans de développer une image plus positive d’eux-mêmes, en plus de réfléchir à la relation et non seulement à la sexualité. (voir page 70 de ViRAJ, vignette sur la sexualité)

En lien avec le thème de cette capsule, voyez notre affiche « EN AMOUR ON A LE DROIT : d’exprimer son désir sexuel et de mettre ses limites sur le plan sexuel » visant la promotion des relations égalitaires chez les jeunes. Vous pouvez l’imprimer gratuitement à partir de ce lien : https://www.viraj.ulaval.ca/sites/viraj.ulaval.ca/files/limites.pdf

Francine Lavoie, Félix Joyal-Lacerte et Guitté Hartog, Université Laval

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