"Ta jupe est trop courte !" Capsule 3 ViRAJ 20 ans.

March 11, 2014

« Ta jupe est trop courte ! »

Capsule 3 : ViRAJ 20 ans

Ton chandail… trop décolleté, ta blouse… trop transparente, ton jean trop serré… Tu dois changer de coiffure, t’épiler, te muscler, maigrir…

Dans la sphère intime du couple, ne penser qu’à « reformater » sa partenaire ou son partenaire est un indice de contrôle. Le/la partenaire est vu-e comme un objet qui doit répondre à nos critères personnels, soit minimiser ou plus rarement exhiber sa sexualité parce qu’il/elle pourrait attirer le regard des autres, soit se transformer pour correspondre à des standards de beauté importants pour nous.

Dans la sphère publique, des femmes sont soumises à du harcèlement sexuel centré sur leur corps et leur liberté de mouvement. Non, ce n’est pas normal ni flatteur ces remarques souvent perçues comme déplacées. Les hommes, quoique moins harcelés dans l’espace public, sont également interpellés par des publicités afin d’adopter des styles et des attitudes stéréotypés d’assurance et de force masculine. Deux documentaires en caméra cachée à Bruxelles et à Paris nous font réfléchir aux réponses sociales nécessaires, sur You Tube  « Femmes de la rue » de Sofie Peeters et « Harcèlement de rue en France aussi » de Virginie Vilar.

Actions de résistance. Chez de jeunes adolescentes françaises, porter la jupe a été vu comme une résistance, une affirmation du droit à la féminité et d’être « sexy ». Il y a même depuis 2006 des Journées de la jupe et du respect qui s’attaquent au traitement inégalitaire entre filles et garçons. L’équipe ViRAJ a présenté dès 1994 une vignette sur la jupe et cet échange est toujours aussi populaire aujourd’hui avec l’actualisation de 2009 (voir pages 37 et suivantes, du guide d’animation ViRAJ). On y apprend à ne pas se transformer uniquement pour se conformer aux désirs de l’autre et à dialoguer de façon respectueuse sur l’apparence sans contrôler. Une zone de liberté et de bien-être doit être identifiée par chaque jeune face aux pressions sociales, aux diktats de la mode ou de religions.

Comme le montrent les vidéos européennes, les femmes sont trop souvent interpellées par des hommes dans la rue et traitées de tous les noms lorsqu’elles sont en jupe ou lorsqu’elles sont seules. Certaines femmes ont choisi de moins porter la jupe et de se faire discrètes dans certains environnements publics, alors que d’autres ont revendiqué des lois pour protéger leur intégrité. Pensez-vous que les adolescentes que vous côtoyez modifient leur façon de s’habiller, par crainte d’être interpellées par rapport à leur choix vestimentaire? Faudrait-il des Journées de la jupe et du respect impliquant garçons et filles?

Un enjeu pour un/e adolescent/e est de trouver un équilibre entre se respecter en se présentant (apparence physique) de la manière souhaitée et prendre conscience de l’image qu’on projette. Un autre enjeu social est de revendiquer sa place dans l’espace public. Bref, se faire remarquer et respecter!

En plus de ViRAJ,  le programme PASSAJ vous suggère une rencontre à animer sur le harcèlement sexuel.

Au plaisir d’échanger avec vous! 

Francine Lavoie et Félix Joyal Lacerte, Université Laval

 

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